Un constat simple et rapide : combien y a-t-il d’écrans au sein de notre foyer ?
La liste est à peine commencée que nos deux mains deviennent insuffisantes : salon, chambres (parfois 4), cuisine, bureau … ils sont nombreux : tv, tablette, ordinateur portable, ordinateur central, console de jeux fixe, console de jeux portable, liseuse et nos indispensables téléphones. Parfois même nous les cumulons, multipliés par le nombre de personnes occupant le même foyer, parents et enfants compris.
Pourquoi autant ? Parceque, c’est accessible ! Parceque, c’est attractif !
Les écrans ont envahi nos maisons et notre quotidien au dépens des loisirs extérieurs. Si on y réfléchit de plus près, les loisirs nous sont proposés par nos paires, plus précisément par nos parents. Oui, admettons que de nos jours, les écrans font partie de l’éducation de nos enfants dans le sens que les « écrans » font partie de la « proposition parentale ». Certains parlent de « désinvestissement à l’éducation » face à ce fléau technologique.
Le parent, est-il vraiment responsable ?
Aujourd’hui 8 /10 femmes sont atteintes de surcharge mentale. Malgré l’évolution des mentalités face à la répartition des taches au sein du foyer, la charge mentale concerne plus majoritairement les femmes qui ont en main la gestion, l’éducation et l’occupation des enfants. S’occuper d’un enfant, d’un adolescent, demande du temps, de l’énergie, de la disponibilité mentale.
Le constat professionnel m’amène à une réflexion plus profonde :
Le problème, ne serait-il pas lié ?
La définition même de la charge mentale est définit de la sorte : c’est la gestion, l’organisation et la planification constantes des taches domestiques et parentales, cette fameuse « double journée ». C’est l’articulation entre la vie professionnelle et privée.
Au quotidien, je reçois à mon cabinet des parents inquiets, désarmés avec un sentiment d’impuissance face à la consommation d’écrans de leurs enfants, définie comme « addictive ». C’est après l’analyse de leur quotidien que la question me vient : « Que leur proposez-vous d’autres »? Je perçois toujours un temps de réflexion face à cette question. Je précise alors « quelle est l’autre alternative » ? La réponse est quasiment toujours la même « Ah, mais je n’ai pas le temps (…), après ma journée de travail, je n’ai plus l’énergie (…), entre les courses, le linge, les devoirs, la cuisine vous pensez que j’ai le temps de proposer une activité ? ».
Cette simple question pointe du doigt une des causes aux conséquences. Forcez de constater que nous, les parents n’avons plus le temps, l’énergie et donc l’envie de proposer autre chose : sorties, jeux de société, sport, lecture accompagnée … . Sans énergie, temps, disponibilité de concentration, capacité physique, comment « proposer » une échappatoire aux écrans de nos enfants ?
N’est-il pas là l’occasion de penser à notre bien-être psychologique ? Qu’en est-il de notre vie sociale ? Comment préserver notre lien affectif et sécuritaire indispensable pour nos enfants et leur construction ?
Le chemin thérapeutique face à la surcharge mentale abouti à un bien-être personnel mais également familiale. Retrouver la plénitude des moments de partage renforce la cohésion familiale, parfois fragile. Les écrans sont devenus de nos jours une fuite réconfortante, immédiate face au peu de temps que nous, nous accordons.
